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CARTE BLANCHE AUX JEUNES CHERCHEURS

Axel Boursier

L’exil : un processus communicationnel

Article

Texte intégral

1Les récentes publications sur l’exil ne cessent de montrer l’intérêt de comprendre l’exilé comme un individu en quête de communication : que ce soit le livre de M. Macé appelant à prendre en considération1 les voix exiliques, ou celui de G. Didi-Huberman constatant que la société qui accueille le réfugié a tendance à le maintenir à l’extérieur de la société2, ou encore les publications de M. Agier concernant la relation avec l’étranger3. Nous pensons alors que les sciences de l’information et de la communication peuvent éclairer cette interrogation sur l’accueil des exilés, non pas au sein de la société, mais au sein de la scène communicationnelle, tant il semble vrai que la première précarité soit celle qui consiste en la perte de voix4. Comment les études de communication peuvent-elles comprendre ce processus ?

Voyageurs et exilés : un choix de perspective

2L’exil est dépendant de la généralisation des déplacements de population au cours du XXe siècle et de son caractère croissant dans le XXIe siècle. Comme le note P. Rasse, les déplacements deviennent un enjeu de compréhension du contemporain.

3« L’homme voyage comme jamais auparavant, même quand il reste immobile, et cela conduit aussi à stimuler de vrais déplacements en voiture, en avion, en quête de l’autre, pour des rencontres de courte durée, mais toujours fortes et stimulantes. Les affiliations en communautés sont momentanées ; l’homme libre écartelé, à l’identité incertaine, fragmentée, passe de l’une à l’autre, avant de poursuivre sa course solitaire.5 »

4L’exilé semble alors partager la mobilité qui caractérise le XXe et XXIe siècle. En effet, lui aussi rencontre l’autre et produit des affiliations en communautés tout en étant exposé à une « identité incertaine », s’exprimant, au minimum, par une définition de soi duelle entre le territoire d’origine et celui d’arrivée. L’exil peut également se définir par son aspect solitaire. Toutefois, nous souhaiterions distinguer le voyageur de l’exilé : si pour le premier cette logique d’exotisme et de solitude est souvent recherchée comme but du voyage, dans le cas de l’exilé la solitude et l’exotisme sont souvent des marqueurs préalables de son énonciation qu’il tentera de fuir afin de pouvoir quitter sa condition d’exilé et devenir un partenaire d’un échange communicationnel. Si pour le voyageur l’exotisme est recherché, pour l’exilé il semble que celui-ci soit un danger. Vouloir traiter de l’exil dans sa dimension individuelle et tenter de comprendre la façon dont une relation avec le public de la société d’accueil est possible expose à une autre difficulté. En effet, l’identité de réfugié a acquis une telle polysémie6 qu’il semble difficile d’en faire un critère permettant de comprendre des parcours à chaque fois individuels. En outre, la catégorisation d’exil est également prise dans une diachronie essentielle à prendre en compte puisque les imaginaires socio-discursifs qui marquent l’ethos préalable du sujet exilique sont pris dans une histoire culturelle longue.

5Nous proposons de distinguer l’exil du voyage car il suppose un arrachement à sa communauté d’origine du fait de facteurs extérieurs. De plus le mouvement de départ est suivi de celui de l’installation dans une durée et dans le temps de l’habitation, et non seulement de la découverte. L’interrogation porte alors sur la possibilité d’établir une relation avec autrui alors que c’est l’extériorité qui a tendance à caractériser ces parcours.

L’exilé : une position duelle

6Si l’exil se distingue du voyage c’est en partie parce qu’il suppose une installation dans le pays d’arrivée. Il implique également la mise en place d’une relation avec la communauté d’accueil. Il faut revenir sur la position singulière qu’occupe l’étranger au sein de la scène communicationnelle. Les chercheurs de l’École de Chicago ont souhaité s’interroger sur la figure de l’étranger et la position singulière qu’il habite. G. Simmel dans Digression sur l’Étranger7 fait reposer la condition d’étranger non pas tant sur un rapport territorial, que sur un rapport relationnel fait de distances et de proximités au sein du groupe rejoint.

7« Les relations spatiales ne sont que la condition, d’une part, et le symbole, d’autre part, des relations humaines. Ainsi, l’étranger dont nous parlons ici n’est pas ce personnage qu’on a souvent décrit dans le passé, le voyageur qui arrive un jour et repart le lendemain, mais plutôt la personne arrivée aujourd’hui et qui restera demain, le voyageur potentiel en quelque sorte : bien qu’il n’ait pas poursuivi son chemin, il n’a pas tout à fait abandonné la liberté d’aller et venir.8 »

8En distinguant l’étranger du voyageur, il introduit une distinction que nous faisons notre. En étudiant le voyageur nous serions conduits à nous intéresser aux relations faites d’exotismes et de découvertes de l’autre, au contraire, vouloir comprendre l’exil revient à s’intéresser à l’habitabilité et à la mise en place d’une relation durable avec les membres de la communauté rejointe. La relation et la position vis-à-vis du groupe rejoint ne sont pas les mêmes de l’instant de la rencontre à l’installation dans une relation ayant pour but de créer un partage. La position dans le groupe devient alors un objet de négociations pour que l’extériorité ne soit pas un facteur d’exclusion, mais permette une intégration spécifique.

9Comme le remarque Alexis Nouss9, une analyse linguistique permet d’opérer la différence entre le migrant et l’exilé. Si le participe présent marque une action toujours en cours, le migrant est toujours en migration, l’usage du participe passé pour définir l’exilé, quant à lui, démontre que le mouvement s’arrête pour s’installer dans une habitation particulière. La spécificité de l’installation de l’exilé au sein de sa nouvelle société repose, selon Simmel, sur le fait qu’il dispose d’un regard objectif en son sein, il est celui qui n’est pas héritier des valeurs transmises dans la culture et peut donc les observer selon un regard extérieur10. Ce que relève Simmel c’est ce rapport de distance-proximité qui marque la position de l’étranger dans sa nouvelle communauté. Si l’étranger est reconnu, il est toujours menacé par une possibilité d’exclusion ou d’effacement de sa singularité. Comment l’exilé peut-il communiquer sans être réduit à l’ « erreur carcérale de l’identité »11 ?

L’exilé en quête de relation

10Guillaume Le Blanc met en avant le fait que la communication exilique habite un espace hors-cadre avant de se prononcer, cette particularité de la communication exilique dépend de l’acte de catégorisation pré-discursive.

11« Toutes celles et tous ceux qui ne sont pas inscrits dans les cadres d’habitation des identités et qui se voient ainsi expulsés dans Hors-Champ. Sortir des cadres, c’est être défait comme sujet recevable, c’est devenir quelqu’un d’inadmissible, dont la voix est en cours d’effacement, soupçonné d’être une voix de faussaire. L’étranger est alors un tout-le-monde qui a cessé de l’être faute d’être conforme aux normes de la nation.12 »

12Une communication ne peut se produire si elle n’est pas intégrée à un cadre de compréhension qui lui confère des règles d’interprétation et d’interaction. Or le sujet exilique semble habiter cet espace hors-cadre puisqu’il se défait du cadre communautaire de sa naissance pour parvenir dans un nouveau cadre. Cependant, ce mouvement d’intégration n’est jamais un acquis, mais dépend d’une logique de reconnaissance de cette demande d’acceptation de la parole selon le nouveau cadre d’interaction. Si dans l’« ordre du discours », la notion d’étranger fonctionne comme une interpellation et conduit à une exclusion de l’espace communicationnel classique, par leurs prises de paroles les exilés peuvent construire un espace commun avec les membres de la communauté rejointe. Au travers de déviations discursives aptes à leur faire quitter l’identité d’étranger, ils peuvent se recouvrir d’une identité relationnelle à partir de laquelle leur parole sera reconnue comme valable. Prendre en compte la catégorisation pré-discursive revient donc à montrer que c’est à partir d’une situation ouverte à l’incommunication que les discours des exilés prennent racine et que c’est par ces discours qu’ils parviennent à établir un cadre dans lequel leur parole pourra être reconnue. Cette idée conduit à interroger le thème de l’intégration discursive, c’est-à-dire la capacité des énonciateurs exiliques à inscrire leurs paroles dans un cadre de reconnaissance accepté par les récepteurs de ces discours.

13L’advenue d’une singularité au sein d’un nouvel espace communicationnel ne se fait pas sans limites et sans restrictions afin de pouvoir être comprise et reconnue. Ces limitations proviennent de la position problématique qu’occupe l’exilé. A. Frame définit la spécificité de la position de l’étranger dans la communauté rejointe comme reposant sur la nécessité qu’a celui-ci à faire advenir une identité et une relation qui se construit de façon intersubjective, puisque celle-ci doit permettre une prévisibilité nécessaire à la communication, tout en permettant de faire valoir la « compétence interactionnelle » d’autrui.

14« Pour être accepté en tant que sujet dans l’interaction, chaque individu doit assumer la responsabilité de ses actes et des propos qu’il avance, prouver qu’il sait respecter les rites en vigueur dans l’interaction, et se montrer capable de s’intégrer dans la visée des objectifs conversationnels communs que les participants se fixent.13 »

15Le discours de l’étranger avant que de devenir un objet de discussion est avant tout une « épreuve de justice » au sein de laquelle l’individu exilique doit démontrer qu’il connaît la « partition culturelle » de l’espace rejoint, et qu’il est un locuteur valable. L’un des enjeux de la communication exilique consiste à dépasser le « stigmate »14 de l’étranger, afin de pouvoir être perçu comme locuteur valable. Si les stéréotypes agissent comme des initiateurs de la rencontre culturelle15, lorsque ceux-ci sont reproduits au cours de la communication, ils tendent à figer la relation et à réifier l’identité du locuteur exilique qui, une fois de plus, se verra nier sa singularité et sera réintroduit dans un schème global dépendant de son origine territoriale. L’un des terrains d’enquête consiste en l’étude du ré-emprunt des stéréotypes par les exilés afin de produire une resémentisation de ceux-ci dans le but de dépasser la première rencontre interculturelle.

Une parole prise dans un dispositif

16Nous pensons que les études de communication sont aptes à participer au mouvement souhaité par A. Nouss16 ayant pour but de « redonner son nom à l’exilé »17. Cette volonté consiste à ne plus étudier la personne exilique au sein de l’étude de flux, mais d’étudier ce que cette expérience a de singulier et la façon dont la construction identitaire peut être un jalon relationnel.

17Cette capacité de comprendre les jeux de négociation est notamment issue du fait que ces études n’oublient pas que la transmission du message se fait toujours prise dans un contexte. La prise en compte de la dimension historique permet de comprendre que la constitution identitaire ne se produit jamais ex nihilo, mais prise dans un jeu de normes et d’usages. Le positionnement énonciatif est toujours en lien avec des logiques qui dépassent la simple concentration sur des individus. Si les études historiques permettent de détacher le système dans lequel bascule l’exilé lorsqu’il rejoint une terre d’accueil, la focale communicationnelle permet de s’intéresser aux pratiques d’individus s’inscrivant dans un espace déjà normé afin de faire valoir leur spécificité énonciative et de générer une identité d’auteur apte à sa reconnaissance.

18Nous nous inspirons en cela de la pensée de Michel de Certeau afin de comprendre cette oscillation permanente entre déterminisme historique et liberté de l’agent afin de créer un espace de parole particulier.

19« Comme en littérature on différencie des « styles » ou des manières d’écrire, on peut distinguer des « manières de faire » - de marcher, de lire, de produire, de parler, etc. Ces styles d’action interviennent dans un champ qui les régule à un premier niveau, mais ils introduisent une façon d’en tirer parti qui obéit à d’autres règles et qui constitue comme un second niveau imbriqué dans le premier. Assimilables à des modes d’emploi, ces manières de faire créent du jeu par une stratification de fonctionnements différents et interférents.18 »

20Si l’individu exilique est pris dans le champ des migrations internationales et des relations géopolitiques, il s’en détache et par « un art de l’entre-deux, il en tire des effets imprévus »19, c’est-à-dire qu’à partir des règles et des normes qui parcourent l’espace communicationnel rejoint, le sujet exilique joue afin de pouvoir faire émerger une singularité. Ce jeu n’est pas indéterminé, mais permet une certaine liberté des usages. « Indissociable de l’instant présent, de circonstances particulières et d’un faire (produire de la langue et modifier la dynamique d’une relation), l’acte de dire est un usage de la langue et une opération sur elle.20 » 

21L’action se déroule dans un cadre qui la régule, mais celui-ci n’est jamais auto‑organisateur, mais mis en action par des individus, il permet de voir émerger des marges d’action qui rendent possibles l’émergence d’une position non plus marquée par un déterminisme radical. Si le dispositif peut être alors identifié « à des mises en ordre qui soutiennent l’action de l’individu, […]. Cela signifie que si le dispositif organise et rend possible quelque chose, il n’en garantit pas cependant l’actualisation. Il fait simplement exister un espace particulier préalable dans lequel ce « quelque chose » peut se produire. »21 Aussi le dispositif est réintroduit dans une logique de construction identitaire puisqu’il « peut être compris comme des cadres aménagés de façon à soutenir cette « fabrique d’individualité »22. Le dispositif est alors cet espace de l’entre-deux puisqu’il est celui où oscillent23 déterminations sociales et désencrages individuels. C’est en conservant cette fluidité du terme que l’on peut comprendre que le dispositif s’il régule les manières de dire, il ne les détermine pas absolument. Le sujet, dès lors, sur-imprime à cet état du champ, son orientation, ses manières de faire, afin qu’à partir d’une expérience ancrée dans un déterminisme historique il puisse s’exprimer.

22La perspective communicationnelle permet alors de comprendre cet entre-deux de la pratique discursive des exilés pris entre un dispositif et un art de faire afin de faire reconnaitre la singularité. Si les sciences de l’information et de la communication ne peuvent pas résoudre l’ensemble des interrogations concernant ce vaste thème, leur inclusion dans le champ des études exiliques permet de comprendre les jeux de la relation à l’autre. Elles permettent d’être attentifs à ce jeu d’appropriation des marqueurs culturels de la communauté à rejoindre, de ne pas les considérer comme des abus, mais comme une condition nécessaire à l’établissement d’un échange. Les études de communication lorsqu’elles rencontrent la problématique exilique sont alors au cœur du processus de la mondialisation, de plus en réintégrant les acteurs individuels de ce mouvement elles permettent de comprendre comment le cercle culture-identité-communication est un enjeu contemporain. L’identité est au cœur de la communication : enjeu de celle-ci, mais également obstacle de celle-ci, si elle se referme dans un identitarisme. C’est pour cela qu’il faut adopter un modèle souple pour comprendre celle-ci. Souple24, c’est-à-dire jamais achevé et toujours en proie à des modifications évènementielles qui remettent tout le processus identitaire en question. Mais également souples dans ses déterminations25, si l’individu exilique dispose d’une position héritée, d’une culture qui a façonné ces usages, nous pensons ces dispositifs s’ils limitent la liberté discursive ne la réduisent jamais à néant.

Notes

1  MACÉ, Marielle, Sidérer, considérer. Migrants en France, Verdier, Paris, 2017.

2  DIDI-HUBERMAN, Georges, GIANNARI, Niki, Passer quoi qu’il en coûte, Ed. de Minuit, Paris, 2017.

3  AGIER, Michel, Les migrants et nous, Comprendre Babel, Cnrs Editions, Paris, 2016.

4  « Être rendu invisible, c’est être rendu inaudible, déconsidéré quant à la possibilité de participer à la vie publique. L’absence de participation est ce qui relègue une vie dans l’invisibilité en creusant la fêlure de la voix. » LE BLANC, Guillaume, L’invisibilité sociale, PUF, Paris, 2015, p. 58.

5  RASSE, Paul, La rencontre des mondes, Armand Colin, Paris, 2006, p. 311.

6  « La liste, non exhaustive, comprendrait : exilés, étrangers, émigrés, immigrés, migrants, issus de l’immigration, expatriés, rapatriés, déplacés, déracinés, réfugiés, demandeurs d’asile, clandestins, sans-papiers, apatrides, bannis, proscrits, parias, errants, exclus, disparus, refoulés, déportés, relégués, réprouvés, fugitifs, personae non gratae, Gastarbeiters, boat people, alliens, border crossers, noncitizens, nomades, cosmopolites, métèques. » NOUSS, Alexis, « L’expérience de l’exil », FMSH-WP-2013-43, septembre 2013, p. 4.

7  SIMMEL, Georg, « Digressions sur l’étranger », in GRAFMEYER, Yves, JOSEPH, Isaac, Ecole de Chicago, naissance de l’écologie urbaine, Editions du Champ urbain, Paris, 1979, pp. 53- 59.

8Ibid, p. 53.

9  NOUSS, Alexis, « Dessine-moi un migrant », Valise n° 1, FMSH, https://www.canal-u.tv/video/fmsh/valise_n_1_dessine_moi_un_migrant.25259

10  SIMMEL, Georg, « Digressions sur l’étranger », op.cit., p. 56.

11  BECK, Ulrich, Qu’est-ce que le cosmopolitisme ?, Aubier, Paris, 2006, p. 53.

12  LE BLANC, Guillaume, Dedans, dehors : la condition de l’étranger, Seuil, Paris, 2010, p. 12-13.

13  FRAME, Alexander, Communication et interculturalité : cultures et interactions interpersonnelles, Hermès Lavoisier, Paris, 2013, p. 63.

14Ibid, p. 65.

15  « Comment aborder l’Autre, si ce n’est au travers d’un certain nombre d’idées toutes faites ? On ne peut aborder l’Autre en faisant fi de tous les mécanismes cognitifs qui permettent de l’identifier. »WOLTON, Dominique La dernière utopie. Naissance de l’Europe démocratique, Flammarion, Paris, 1993, p. 382, cité par FRAME, Alexander, Communication et interculturalité, op.cit., p. 75.

16  NOUSS, Alexis, La condition de l’exilé, Penser les migrations contemporaines, FMSH, Paris, 2015.

17  NOUSS, Alexis, « Etudier l’exil », FMSH-PP-2013-09, 2013, p. 7.

18  CERTEAU, L’invention du quotidien, t. 1. Arts de faire, Folio, Gallimard, Paris, 1990, p. 51.

19  CERTEAU, L’invention du quotidien, op.cit, p. 52.

20Ibid, p. 56.

21  PEETERS, Hugues, CHARLIER, Philippe, « Contributions à une théorie du dispositif », in JACQUINOT-DELAUNAY, Geneviève, MONNOYER, Laurence, Mimesis imiter, représenter, circuler, Hermès, La Revue, n° 3, CNRS Edition, Paris, 1999, p. 19.

22Ibid, p. 20.

23  « Le dispositif apparaît comme le concept par excellence de l’entre-deux. Or, l’entre-deux n’est pas fusion indifférenciée de deux pôles (liberté et contrainte, réalité et imaginaire, sujet et objet), mais attestation d’un espace de médiation irréductible entre ces ceux-ci. L’entre-deux ne dissout pas les pôles, il les met en relation. Le dispositif désigne le lieu d’une dialectique qui demande à être traitée pour elle-même et qui doit encore être véritablement thématisée. » Ibid, p. 21-22.

24  C’est dans ce sens que nous reprenons l’expression « d’habitus ouverts ». MICHEL, Johann, Sociologie du soi, Essai d’herméneutique appliqué, Presse universitaire de Rennes, Rennes, 2012, p. 43.

25  Cette souplesse identitaire nous avons tentons de l’appuyer sur les considérations théoriques de François Jullien, notamment dans : JULLIEN, François, Il n’y a pas d’identité culturelle, L’Herne, Paris, 2016.

Pour citer ce document

Axel Boursier, «L’exil : un processus communicationnel», Les Cahiers de la SFSIC [En ligne], Collection, 15-Varia, CARTE BLANCHE AUX JEUNES CHERCHEURS,mis à jour le : 01/04/2020,URL : http://cahiers.sfsic.org/sfsic/index.php?id=194.

Quelques mots à propos de : Axel Boursier

Université de Cergy Pontoise, LT2