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CARTE BLANCHE AUX JEUNES CHERCHEURS

David Galli

La question de l’attachement

Article

Texte intégral

1« J’avais peur de m’attacher » laisse échapper Joyce1 au cours d’un récit de vie relatant une relation amoureuse avec un camarade de son lycée. Du haut de ses quatorze ans, l’adolescente partage non sans mal un souvenir chargé émotionnellement qui vient du corps. Ce sentiment qu’elle exprime par la parole nous informe de la crainte de construire un lien intime avec l’autre. Joyce s’inscrit dans le processus des remaniements de l’attachement (Delage, 2013) qui a lieu à l’adolescence. En effet, la puberté et ses conséquences bouleversent l’individu communiquant (Renucci, 2015) dans son rapport au monde. Les motivations hormonales et la sexualité éclipsent le monopole des figures d’attachement familiales. Comme Joyce, les adolescents se dirigent vers l’exploration de leur environnement à la recherche des pairs. Amis et relations amoureuses vont leur apporter réciprocité et altérité au sein d’un groupe d’appartenance sécurisant. C’est la genèse d’une histoire de communication.

2Dans les sociétés traditionnelles, la « séparation du groupe » (Le Breton & Marcelli, 2010, p. 730) précède une restructuration par le symbolique : ce sont les rites pubertaires. Les jeunes Pygmées Bambuti doivent « tuer un animal de grande taille » (Huerre et al., 2002, p. 51) avant de forcer la cabane « où les jeunes filles pubères sont retenues » (ibid.). Ces rites d’initiation s’organisent alors pour rompre « l’isolement de l’adolescent » (Dolto, 1988, p. 44) face aux surgissements biologiques. La transition pubertaire fut considérée très tôt comme un danger pour l’individu, mais aussi pour l’homéostasie du groupe social. Transmettre de manière ritualisée aux adolescents, c’est travailler collectivement sur la quête de sens de l’individu.

3Pour notre part, notre recherche s’effectue sur un terrain occidental qui tend vers l’ubiquité (Pucheu, 2014) technologique. La société française ne ritualise pas les remaniements de l’attachement, c’est à l’adolescent de s’organiser avec les moyens dont il dispose. Or rappelons qu’à cette période chez l’humain, le corps est en mutation (Le Breton, 2013) et se dérobe face aux événements internes et externes. C’est le cas de Joyce lorsqu’elle débute son histoire face à nous : une hésitation apparaît, rapidement escortée d’un rougissement physiologique. De nouvelles sensations imprévues provoquent une perte de contrôle et de l’inquiétude. L’expérience de l’autre devient une épreuve au moment où la socialisation avec les pairs s’annonce nécessaire au développement individuel. Il est difficile de s’exprimer sans l’appréhension du regard des semblables. La technologie s’annonce de fait comme un remède à ces maux quotidiens, mais son poison ne dirige-t-il pas vers l’évitement de l’autre ? Les remaniements de l’attachement peuvent-ils être réduits à une dimension technique ? L’adolescence est un processus communicationnel qui nous intéresse dans une enquête plus large. Aussi, traiterons-nous ci-après de l’attachement comme un des maillons décisifs de ce processus.

L’attachement à l’adolescence

4Une enquête sur les mutations de l’adolescence à l’ère de l’idéologie technique (Wolton, 2012) ne peut s’envisager sans un regard sur les enjeux de l’attachement. Comme l’adolescence, l’attachement est aujourd’hui en tension entre information et communication. L’individu navigue de l’autre à la machine. Pour saisir l’étendue de la problématique, nous envisageons un point de vue à la fois biologique, psychologique et social. L’adolescence est « une mue » (Dolto, 1988, p. 16) où l’étude de la rencontre avec les pairs nécessite un maillage théorique interdisciplinaire.

5Mais revenons d’abord au début du xxe siècle, au moment où l’allemand Heinroth dévoile le terme « Prägung » (Montagner, 1988, p. 21). En français, l’empreinte désigne chez l’animal cette relation physique avec la mère qui impacte le développement dès la naissance. Le mécanisme imprègne l’être fragile dans une optique de protection. Plus tard, dans les années 1930, le prix Nobel autrichien Konrad Lorenz complète ces observations par des études remarquées sur les oies cendrées. Chez les mammifères, les travaux controversés de l’américain Harry Harlow portent sur l’examen de jeunes macaques rhésus privés de leur mère. Les macaques ont un besoin de contact « tactile » (Miljkovitch, 2001, p. 32) à leur venue au monde.

6Après-guerre, les recherches s’approchent de l’attachement chez l’humain. René Spitz décrit alors les comportements « d’angoisse devant l’étranger » (Cyrulnik, 1988, p. 13) surgissant chez le nourrisson à partir du huitième mois. Le britannique John Bowlby (1907-1990) lui emboîte le pas avec une théorisation de l’attachement qui impactera la recherche des années 1950 à nos jours2. À l’origine proche de la psychanalyse kleinienne, Bowlby va s’en détacher en important l’éthologie3 et la cybernétique pour mettre en évidence les mécanismes de l’attachement. L’enfant naît avec un besoin inné de proximité physique et de relations sociales. De surcroît, Bowlby avance que l’attachement n’est pas dérivé d’un autre besoin primaire. C’est un système dont la « base sécure » permet de penser l’évolution de l’enfant selon une articulation entre la quiétude (Bowlby, 2014) de sa relation avec ses figures d’attachement et l’exploration de l’environnement. Comme disait Mary Ainsworth, collaboratrice de Bowlby, il y a un « port d’attache » (Bowlby, 2014, p. 165) préalable à toute marche en avant vers l’autre.

7John Bowlby et ses descendants4 défendront un processus d’attachement qui s’étend sur l’ensemble de la vie humaine. Après les figures d’attachement primaires – la mère, puis la famille proche – adviennent les secondaires. Les pairs sont nécessaires à ce « système motivationnel » (Delage, 2013, p. 178) de l’attachement qui rencontre le sexuel. Les envies affectives ne sont plus uniquement compatibles avec la famille. Joyce, l’adolescente que nous recevions en entretien, nous l’a d’ailleurs exprimé avec ses mots à plusieurs reprises : les amis « c’est la base ». Une autre forme de base sécure émerge et met de la distance vis-à-vis des parents. Ces derniers ne sont plus les référents principaux pour les prises de décisions. Il y a une recherche d’autonomie qui s’opère, entre attachement et exploration de l’environnement relationnel.

8En latin, adolescere signifie « grandir », comme la reprise d’un processus maturatif de l’organisme. L’humain est inachevé : le corps se transforme et les réseaux neuronaux se développent via les mécanismes de la plasticité (Ansermet et Magistretti, 2010). Mais face à ces bouleversements internes, l’adolescent risque la saturation voire l’autodestruction. Pour « grandir », il a plus que jamais besoin de l’autre (Renucci, 2018). Cet autre, c’est celui qui vit les mêmes choses, celui avec qui l’adolescence va devenir comparaison, synchronisation, confrontation. En ce sens, l’adolescent construit un lien avec ces nouvelles figures de confiance (Bowlby, 2014) dont il va déterminer leur fiabilité à lui venir en aide en cas de difficulté. En groupe, les adolescents vont vers des épreuves à sensation. Quoique rassurant, tout ce qui était jusqu’alors familier leur devient moins attrayant. Les échappées en dehors du foyer s’intensifient, parfois jusqu’à des conduites à risque menant à des accidents irréversibles. Transgressant les normes en « bandes », ils progressent par une ritualisation qu’ils construisent ensemble. Ce qui est « étrange » s’affronte ainsi en collectif, mais ce ne sont plus les parents qui sont les compagnons d’aventure.

9Les pairs propulsent l’individu vers l’élaboration d’un sentiment d’appartenance. Un style relationnel lie les adolescents à travers des codes et un langage commun. Quand Aymeric5, quinze ans, lâche un « j’étais mort » au cours de son récit de vie, il faut comprendre « mort de rire ». À l’adolescence, l’estime de soi est défiée au gré des irruptions du corps : le groupe d’appartenance permet de « se sentir attaché » (Delage, 2013, p. 181) à un moment déterminant. L’adolescent a besoin de se sentir comme les autres, tout en se démarquant. Aussitôt, il tente de faire valider son image en cherchant le regard d’un semblable ou en produisant des photographies numériques. Avant de venir au lycée avec une énième casquette qu’il vient de se procurer, Aymeric nous relate que c’est son meilleur ami qui « check » si elle lui va bien. Il faudrait éviter de perdre la face devant la classe.

10De l’asymétrie des échanges avec la figure parentale, l’adolescent découvre ainsi la réciprocité. Et du besoin de protection, il devient maintenant lui-même protecteur. Aussi, la rencontre semble-t-elle autant risquée qu’attirante : l’attachement, c’est la recherche d’une relation mutuellement satisfaisante par les voies de l’intersubjectivité. Mais l’incommunication est l’horizon de la communication (Wolton, 2012). À l’adolescence, comme dans le reste de la vie humaine, on ne se comprend pas. On défend sa vision du monde tout en négociant, pour viser la cohabitation. Les corps sont alors au centre de ce jeu à plusieurs qui permet l’ajustement des affects et des comportements sociaux. Dans une « échoïsation corporelle » (Brunel et Cosnier, 2012) avec l’autre, l’adolescent communiquant fait intervenir la gestuelle, les formes de vitalité (Stern, 2010) et ses sens.

11Depuis les organismes monocellulaires, la capacité de « s’approcher ou de s’éloigner » (Damasio, 2017, p. 136) constitue le vivant. L’adolescence en apporte une dimension plus complexe qui poursuit l’objectif de survie. Sur le plan biologique, la vasopressine et l’ocytocine sécrétées par l’hypothalamus (Delage, 2013, p. 13) participent à l’attachement dès la naissance. L’autre est indispensable à la survie du nourrisson qui doit se développer. À l’automne 1970, dans une conférence donnée à la Tavistock Clinic6, John Bowlby rappelle que choisir de faire une randonnée sans accompagnateur accroît matériellement le risque vital. Or si la « solitude » accroît le risque, son hypothèse est qu’au fil de l’évolution, l’humain a développé « des systèmes comportementaux le conduisant à l’éviter » (Bowlby, 2014, p. 193) : c’est la systémique de l’attachement. Aujourd’hui, la technologie ne conduit-elle pas justement au contraire, c’est-à-dire éviter la relation ?

L’attachement dans l’enquête

12Quand deux êtres se rencontrent à l’adolescence, cela résulte parfois sur l’attachement amoureux. C’est le cas de Joyce et Aymeric que nous présentions d’abord distinctement plus haut. Ils se sont rencontrés au lycée, puis ont construit un « univers privé » (Stern, 2003, p. 134) dont eux seuls possèdent les clés. L’attachement est un lien qui se tisse au quotidien, après chaque événement, chaque regard passionné. Mais pour « reconnaître la place de l’autre en soi » (Marcelli, 2006, p. 208) vers l’attachement amoureux, l’enjeu est la communication humaine. Cette dernière semble risquée pour Aymeric qui, nous avoue-t-il, n’aurait pu débuter autrement sa relation que par des messages numériques. La crainte de faire une « erreur » dans la phase d’approche l’a conduit à utiliser son téléphone portable pour échanger. Cela n’a pas déconcerté Joyce qui connaissait déjà la démarche : de son côté, elle préfère également quand le contact physique arrive plus tard. Le contrôle de la situation par l’écriture rassure. « Pour ken7 facile, faut être sur Snap8 ! » s’esclaffera Florian9, un autre adolescent que nous suivons sur le terrain.

13Le téléphone devient un rite de passage (Lardellier, 2016, p. 86) qui émerge au moment des remaniements de l’attachement. Les relations avec les pairs sont marquées par cet outil technique qui est un agrégateur d’informations, mais plus de communication. Encore aujourd’hui, dans d’autres cultures, l’encadrement de la puberté par l’initiation amène à des purgatoires. Le pharmakon (Stiegler, 2018) est ce bouc-émissaire vers qui l’on se tourne pour évacuer les maux. Il est à la fois remède et poison, comme tout objet technique. Sur notre terrain, l’approche pharmacologique écarte le monopole du « smart » en nous amenant à penser le téléphone comme un pharmaphone.

14Le phone, c’est la « voix », en grec ancien. Celle que l’adolescent tente d’éclipser vers la machine pour éviter de se dévoiler en face-à-face. À un moment décisif de son existence, il faut pourtant se rapprocher des figures d’attachement et s’intégrer. L’écran et les applications qui y abondent sont en cela proposés comme des « remèdes » informationnels à une communication humaine plus compliquée. Aymeric peut contacter Joyce à tout instant, même en classe, en lui glissant une donnée. Lorsqu’une situation génère de l’émotion, Aymeric peut tenter de réduire la confrontation à une simple information via des écrans interposés. La menace de la perte d’une figure d’attachement génère une anxiété dont les dispositifs se saisissent pour capter l’attention de l’individu. La parole de l’adolescent devient ainsi écriture. L’expérience de la rencontre elle, se réduit à un échange d’informations. La chair des corps est écartée, tout comme les émotions. C’est le début du « poison » qui dirige l’être vers un évitement des relations humaines. Par son réductionnisme, le pharmaphone prône l’identique plutôt que le semblable.

15Au siècle dernier, Walter B. Cannon (1871-1945) proposa – à la suite de Claude Bernard (1813-1878) – le terme d’homéostasie dont se saisiront la cybernétique, les théories de l’attachement, et les sciences de l’information et de la communication. Mais Cannon choisit la racine grecque « homeo- (« semblable ») et non homo- (« identique ») » (Damasio, 2017, p. 78) pour désigner ce phénomène de régulation. Au sein du vivant, l’homéostasie est un concept dynamique. Luttant contre l’équilibre entropique, l’homéostasie de l’individu communiquant est « étendue à la famille » (ibid., p. 310) par les liens d’attachement. En communication humaine, la réaction d’autrui donne sens à ce que l’adolescent est en train de vivre. Les émotions sont partagées par la voie du corps, et par la parole sous la forme symbolique de sentiments. Or si le processus de modulation émotionnelle s’articule avec l’attachement, le pharmaphone le court-circuite en une réduction technique du sensible. L’atomisation (Alloing et Pierre, 2017) des sentiments est organisée, permettant aux interfaces de quantifier. Mais comment l’adolescent peut-il alors se synchroniser avec l’autre ?

16« Le truc c’est que je savais pas comment elle allait le prendre » nous expliquait Aymeric dans son récit. Son appréhension de la réaction de l’autre fait intervenir un marqueur somatique (Damasio, 1995) qui fait référence à une émotion antérieure. L’inattendu des événements dans la vie humaine bouleverse l’état du corps et constitue la mémoire autobiographique. Notre travail de recherche consiste de fait à voyager dans cette mémoire en reconstruisant l’histoire des relations d’attachement du sujet. Par ces récits de vie (Bertaux, 2016), nous étudions l’évolution de l’adolescence en tant que processus communicationnel tiraillé entre le pharmaphone et le face-à-face. L’attachement devient la question de l’entretien. Chaque narration, singulière, comporte son lot de stratégies d’évitement de la communication humaine. L’opération s’apparente à un entretien en profondeur où le passé rencontre le « moment présent » (Stern, 2003) pour composer une histoire inédite. En unissant cet exercice à des observations constantes sur nos terrains10, nous nous inspirons des méthodologies de Sherry Turkle11 aux États-Unis et Yves Winkin12 en France. La démarche globale est marquée par des allers-retours entre la théorie et le terrain. Le récit de vie13, à la frontière des disciplines, nous permet en cela de saisir les logiques communicationnelles du sujet.

17À l’adolescence, plus que jamais, dévoiler ses émotions rend vulnérable face à l’autre. Pourtant, ces mêmes émotions colorent la parole, quand le pharmaphone la ternit. Les adolescents sont tentés par le poison informationnel au moment où le remède de la conversation est nécessaire. Après l’inattendu, puis l’embarras (Galli, 2018), notre enquête poursuit l’exploration des points de butée de la communication que les adolescents cherchent à éviter en choisissant le pharmaphone. Si la littérature abonde sur les prises de risques adolescentes, nous avons tendance à en oublier le risque de l’autre. Aujourd’hui, on peut éviter l’humain tout en lui transmettant des informations via le pharmaphone. Ce dernier deviendrait à la fois esclave, complice, témoin et partenaire (Tisseron, 2015). Mais qu’en est-il de la rencontre des corps ? Observe-t-on la confiance et la complicité, constitutives du processus de l’attachement, se faire aspirer par la machine ? L’adolescent oscille entre le système fermé proposé par la technique, et la dynamique d’ouverture fournie par la communication humaine. En menant un travail diachronique sur l’histoire des relations d’attachement de l’adolescent, nous proposons de retracer ces bifurcations vers l’objet technique. La transformation de l’adolescence à l’ère du pharmaphone est, par tous ces éléments, une question de communication stimulante.

Bibliographie

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Stern D. N., Le moment présent en psychothérapie, Paris, France, Odile Jacob, 2003.

Stiegler B., Qu’appelle-t-on panser ? : Tome 1, L’immense régression, Paris, France, Liens qui libèrent, 2018.

Tisseron S., Le Jour où mon robot m’aimera : Vers l’empathie artificielle, Paris, France, Albin Michel, 2015.

Turkle S., Seuls ensemble : De plus en plus de technologies, de moins en moins de relations humaines, Paris, France, Éditions L’échappée, 2015.

Wiart Y., L’Attachement, un instinct oublié, Paris, France, Albin Michel, 2011.

Winkin Y., Anthropologie de la communication (Nouv. éd.), Bruxelles, Belgique, Seuil, 2001.

Wolton D., Indiscipliné : 35 ans de recherches, Paris, France, Odile Jacob, 2012.

Notes

1 Propos recueillis le 12 mars 2019 au Lycée Dumont d’Urville à Toulon (83). Le prénom a été anonymisé.

2 Après une série de publications et conférences autant remarquées que controversées chez les psychanalystes, John Bowlby publie une trilogie de référence à partir de 1969 : Attachment and Loss.

3 Au-delà des écrits, John Bowlby fait des rencontres décisives : d’abord Konrad Lorenz lors de réunions d’études de l’OMS entre 1953 et 1956, puis l’éthologue anglais Robert Hinde (cf. Wiart, 2011, p. 64).

4 Sur la deuxième partie du xxe siècle, des études de terrain confirment les intuitions premières. Notons par exemple les apports de Mary Main, étudiante de Mary Ainsworth, avec l’Adult Attachment Interview (AAI).

5 Propos recueillis le 21 mars 2019 au Lycée Dumont d’Urville à Toulon (83). Le prénom a été anonymisé.

6 Centre de thérapie psychanalytique anglais fondé à Londres en 1920.

7 « Faire l’amour ».

8 Snapchat, application de messagerie récurrente dans les pratiques des adolescents interviewés.

9 Propos recueillis le 7 mars 2019 au Lycée Dumont d’Urville à Toulon (83). Le prénom a été anonymisé.

10 Nos observations et entretiens sont effectués en France depuis septembre 2017, en grande partie dans le département du Var. Les prises de notes sont quotidiennes et nous participons à des projets pédagogiques auprès d’adolescents, comme le programme « Danse à l’Opéra » à Toulon.

11 L’ethnographie intime présentée dans Seuls ensemble (2015).

12 L’Anthropologie de la communication (2001).

13 Notons que l’histoire de vie de John Bowlby nous renseigne sur le cheminement de son intérêt pour la question de l’attachement : issu d’une famille de classe aisée, il fut principalement élevé par la figure de la nourrice, et non de celle de la mère qu’il ne voyait qu’une heure par jour (cf. Wiart, 2011, p. 33).

Pour citer ce document

David Galli, «La question de l’attachement», Les Cahiers de la SFSIC [En ligne], Collection, Numéro 16, CARTE BLANCHE AUX JEUNES CHERCHEURS,mis à jour le : 26/04/2020,URL : http://cahiers.sfsic.org/sfsic/index.php?id=867.

Quelques mots à propos de : David Galli

Laboratoire IMSIC, Université de Toulon. Courriel : david.galli@univ-tln.fr